Kuichy et Rudy

perou1J’ai rencontré Kuichy pour la première fois au sommet du Machu Picchu au Pérou, lors de la Convergence Harmonique de 1987. Je voyageais pour cette occasion avec un groupe de 33 personnes, dont 4 organisateurs en provenance des États-Unis, deux hommes et deux femmes. Kuichy était alors notre jeune guide quechua. Puis, plus de 20 ans s’écoulèrent et nous nous sommes mutuellement oubliés... Jusqu’au jour où une amie vivant en Californie me donna ses coordonnées. Je lui avais demandé si elle connaissait un homme à la fois natif, guérisseur et guide au Pérou. Spontanément, elle me recommanda Kuichy.

Je pris contact avec lui. Le but était de me rendre en mars 2007 avec mon amie Manuela, - ma fidèle acolyte et témoin de mes expériences les plus belles et les plus insolites - afin de le rencontrer directement. Kuichy, ainsi que son frère Rudy, appartiennent à la Tribu Wari Willka et à la communauté des Inka Elders (Les Anciens Inka). Ils sont ce que les Natifs nomment des «hommes-médecine» et nous accompagnèrent tous deux lors de cette « expédition» d'environ 15 jours. Notre amitié déboucha plus tard sur des aides en provenance de One Heart in Action, en faveur des membres les plus démunis de leur peuple ou à la suite de catastrophes naturelles (tremblement de terre, inondations, etc.)

 

Arrivée à Cuzco et rencontre avec Kuichy

perou2À peine avions-nous posé le pied à Lima qu'ils avaient avait déjà tout organisé. Le 19 mars 2007, leur sœur nous attendait à l’aéroport de Cuzco. Elle nous conduisit dans une superbe demeure, transformée en hôtel. Comme le veut la coutume, nous fûmes accueillies dans le patio avec un thé de coca, afin de nous habituer à l’altitude. Ce jour-là eut lieu une éclipse de lune. Pour ceux qui ne le savent pas, en astrologie une telle configuration indique que tout ce que nous traversons au cours d'une telle journée est irrémédiablement gravé à tout jamais… Kuichy était à l’époque le second du Maire de Cuzco. Il enseignait parallèlement à l’Université, où il y donnerait encore des cours d’anthropologie, de neurologie clinique et d'histoire sur les sites sacrés du Pérou.

Malgré ses nombreuses responsabilités et occupations, il put s’échapper quelques heures pour nous retrouver à l’hôtel. Contre toute attente, Kuichy arriva donc dans la cour de l’hôtel en costume, avec ses longs cheveux retenus en arrière et un bob sur la tête, sur lequel était inscrit : « Welcome to Egypt ». Je ne pus m’empêcher de sourire intérieurement, tant ce signe inattendu me laissait présager un inoubliable contact!

En effet, ce personnage haut en couleur, dont le prénom signifie littéralement « Arc en ciel » en quechua, me serra dans ses bras à peine arrivé. Il me confia qu’il attendait cet instant depuis longtemps. Il apprécia immédiatement ma tenue tout aussi insolite que la sienne : une veste Lakota et un chapeau en provenance d’Arizona. 

Sacsayhuamán

Kuichy décida de nous emmener sur le champ à Sacsayhuamán à deux kilomètres de la ville. Cette ancienne forteresse est non seulement située à 3700 m d'altitude, mais est aussi construite en forme de tête de puma, animal sacré dans la cosmologie Inca.

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Sacsayhuamán

Kuichy nous expliqua que ce site millénaire était cher à son cœur, car l’esprit s’y ouvre à la sagesse. « Waman » veut dire « Faucon » en rapport direct selon lui avec un autre faucon, non moins célèbre: Horus. Cet homme semblait me connaître bien au-delà du temps, telle une fratrie ancestrale que la logique rationnelle ne peut justifier. Ou comme deux âmes en provenance d'une famille ou d'une source identique qui se retrouvent enfin, après avoir œuvré chacun à notre manière vers un objectif similaire.

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Ka Ren et Kuichy

Nous visitâmes « le Serpent de Sagesse ». En le parcourant, Kuichy nous emmena à l’écart des touristes.

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Le serpent de sagesse 

Il nous dirigea vers des sortes de trônes en pierre, sur lesquels, les prêtres et les prêtresses d’antan s’asseyaient. Kuichy posa sa main sur ma tête et me bénit en quechua. De son souffle, il ouvrit certains canaux subtils pour faciliter la connexion au lieu.

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Puis il nous invita à entrer chacune à notre tour par un couloir obscur dans une grotte souterraine, nichée au beau milieu des roches gigantesques. Il nous expliqua brièvement que certaines personnes s’y perdaient. Il nous fallait donc passer par la gauche en suivant notre "propre lumière". Une fois dans le ventre de la Pacha Mama, - et dans la noirceur la plus totale -, je m'y recueillai.

Subitement, deux personnes munies de lampes de poche firent irruption face à moi. Je leur demandai d’éteindre leurs torches en les guidant de la voix vers la sortie. Manuela me suivait derrière. Elle me raconta par la suite : « J'ai senti une énergie absolument incroyable dans mes jambes et mes bras, alors qu’agenouillée face à la terre, tu accomplissais ce que tu avais à effectuer… »

Kuichy nous attendait dehors. Devant l'étonnement de mon amie, il me posa la question suivante: « As-tu pu faire ce que tu souhaitais ? » Il mentionna alors les « Rainbow Warriors » (les Guerriers Arc en Ciel). Il mentionna à Manuela qu’il y en a très peu, dispersés aux quatre coins de la Terre. Rares sont leur rencontre, mais il est temps qu’ils se reconnectent à la grille…

Puis s’adressant à moi, il dit : « Tu es un pilier de lumière, raison pour laquelle tu reviens ici et que tu vis à Genève, un lieu si sombre… » Enfin, il ajouta : « Les personnes dont le prénom commence avec un K sont fréquemment porteurs d’une grande mission et je sais que la tienne consiste à soigner, à libérer l’âme et la conscience des êtres… »

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Rencontre avec Rudy

perou14Manuela et moi avions décidé de nous rendre à une grande rencontre de l’Aigle et du Condor, organisée par Adam Yellow Bird. Nous avions toutes deux fait la connaissance de ce dernier lors de notre premier voyage en Arizona (voir article sur les Havasupai). Cette grande réunion devait avoir lieu principalement à Puno. Une cérémonie devait s'y tenir lors de l’équinoxe du printemps sur un site sacré avec plusieurs centaines de personnes. Kuichy nous annonça qu’il ne prendrait pas part avec nous à cet événement. Son frère Rudy, ainsi que Jonathan notre chauffeur, nous y conduiraient.

C’est ainsi que nous sommes partis à l’aube pour Puno, située sur les rives du lac Titicaca. Selon la tradition, cette ville du sud-est du Pérou est le berceau de la civilisation Inca. En effet, la légende raconte que le premier Inca, Manco Capac et sa femme Mama Occlo, déesse de la fertilité, seraient sortis des eaux du lac Titicaca sur les ordres du Dieu Soleil, dans le but de fonder l'Empire Inca. Rudy semblait de prime abord beaucoup plus taciturne et introverti que son frère. Mais je perçus immédiatement en lui la fibre d’un grand guérisseur, un cœur d’or, une âme riche et intègre. Il ne parlait principalement que l’espagnol et non l’anglais. Ce qui réduisait, - du moins au début -, considérablement nos échanges verbaux !

En route pour Puno

perou15Le trajet devait durer environ quatre heures. En définitive, il s’avéra beaucoup plus long que prévu. Nous traversions des paysages d’une beauté époustouflante, alors que La pluie commençait à tomber.

Je remarquai subitement un double arc en ciel qui semblait vouloir nous poursuivre durant plus d’un kilomètre… Devais-je y voir un signe bénéfique ou maléfique ? Une sorte de lutte ou au contraire une recherche d’unité des polarités? Selon les traditions, la signification symbolique de son apparition varie. J’allais découvrir la réponse un peu plus tard… En effet, l'arc en ciel est généralement présenté comme un pont ou un chemin. Il peut être emprunté par des dieux, des chamans, des sorciers ou des héros légendaires. Il permet de circuler entre la Terre et un autre monde, ou entre deux points éloignés l’un perou16de l’autre. Dans la symbolique occidentale, l'arc-en-ciel est souvent associé à la joie, la gaieté ou au renouvellement. Sans doute parce qu’il annonce le retour du soleil après la pluie. Cependant certaines traditions, notamment divinatoire, l'associent à un danger venu du ciel. Il peut annoncer la maladie ou la mort. Par exemple, chez les peuples montagnards du Sud du Viêtnam ou chez les pygmées, il est considéré comme un dangereux serpent du ciel, ou un double serpent soudé.

Autrefois, les péruviens s’abstenaient de regarder l'arc-en-ciel. Ils couvraient leur bouche d'une main en le voyant, car celui-ci représente aussi la couronne de plume d’Illapa. Illapa (ou Yllapa) désigne le dieu Inca cruel et intraitable du Tonnerre, des Éclairs et de la Pluie. Il porte des noms différents selon les régions (Chuquiilla, Chuqui Illapa, Cuilla, Inti-Illapa, ou Libiac). Pour les Incas, l'arc-en-ciel désignait un serpent céleste mythique. Recueilli par les hommes sous la forme d'un vermisseau, il devint gigantesque à force de manger. Il fallut le tuer, puisqu’il imposa par la suite l’offrande de cœurs humains. Les couleurs vives de certains oiseaux proviendraient du fait que leurs ancêtres se seraient trempés dans le sang de ce serpent géant. 

 

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Arc en ciel...

Les sources chaudes d'Occobamba

perou20Vers 8 heures du matin, nous nous arrêtâmes dans un lieu perdu au milieu de nulle part. Il s’agissait des sources chaudes d’Occobamba, au pied d’une montagne enneigée; tel un lointain rappel du Mont Blanc, à environ 4000 mètres d’altitude. D’après son odeur, l’eau contenait incontestablement du soufre. Rudy nous proposa de nous enduire d’argile, afin de nettoyer et d’adoucir non seulement notre peau, mais surtout notre énergie…

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perou21Après s’être régénérés, il nous emmena déjeuner dans un restaurant local, où je découvris – non sans surprise – une photo des Alpes suisses !


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Arrivée à Puno

perou23Nous reprîmes notre route en passant par le col de la Raya, situé à 4320m d’altitude qui départage la région de Cuzco avec celle de Puno. Lorsque nous traversâmes la ville de Juliaca, l'environnement se modifia de façon très perceptible. De la beauté de paysages pour ainsi dire vierges, nous pénétrâmes dans la laideur de l’urbanisme. Tout laissait présager d'une pollution, d'une confusion à la fois physique et subtile, dont nous ne pouvions encore déceler l’origine. À peine avions-nous posé le pied à l’hôtel, qu’un mal de tête nous assaillit Manuela et moi-même. Déposant à la hâte nos affaires dans notre chambre, nous retournâmes dans la salle principale où devait se tenir des conférences. Rudy s’entretenait avec une personne inconnue. Puis il prit congé de nous pour la soirée. Des participants de multiples pays déambulaient, parmi lesquels quelques natifs et de nombreux occidentaux un peu hagards et pour la plupart en proie au mal d’altitude. De toute évidence, le sentiment de cohésion et de simplicité, perçu tout au long du trajet, se transforma en une sensation d’éparpillement, de désordre ambiant, sans pouvoir en déterminer encore la cause.

Col de la Raya

perou24Juliaca

Nous saluâmes Adam et sa femme. Alors que nous tentions de nous diriger vers le jardin dont l’accès était passablement encombré, je m’arrêtai net devant un homme. Je ne l’avais jamais vu, mais l’interpelai pourtant par son prénom. Il s’agissait du propriétaire de l’hôtel. J’appris plus tard, qu’il aurait été un élève de Kuichy. De toute évidence, Rudy ne semblait guère l’apprécier…

De retour dans notre chambre dans la soirée, mon mal de tête ne cessa d’empirer. Aspirine, linges froids, rien n’y faisait. Cependant, je réalisai rapidement que cette douleur sournoise ne provenait pas des hauteurs. Mais bien d’une attaque fourbe et mystérieuse, dont seul un "sorcier noir" pouvait être capable! Mandaté par qui ? J’appelai Kuichy pour avoir son avis. Il me confirma mon intuition. Il contacta son frère, installé dans un hôtel situé non loin du nôtre. Rudy arriva peu après avec des herbes médicinales traditionnelles. Il m'en frotta vigoureusement le corps, tout en me faisant respirer l’oxygène d’une bonbonne. Il affirma que mes soupçons naissant au sujet de l’homme que j’avais croisé dans l’hôtel et dont j'avais prononcé le nom.

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Mal des montagnes

Je n'étais pas sans savoir qu'une fois devenus des maîtres, certains élèves s’égarent dans des jeux de pouvoir. Idem pour certains blancs qui se prennent pour des Natifs comme Adam. Ou pire encore des guru auto-proclamés comme James Arthur Ray. Ce dernier entraîna la mort de 3 personnes au cours d'une hutte de sudation, sans respect aucun pour les participants, ou les traditons ancestrales des Natifs.

perou25Le propriétaire de l'hôtel ne semblait guère faire exception à la règle, attiré par l'appât du gain et la crédulité des occidents. Au lieu de soutenir la guérison, ce genre d'individus utilisent leurs compétences au service de compétitions ou de combats invisibles pour le profane. Ces guerres s’opèrent dans le monde de invisible, du rêve ou de l’astral, souvent dans le dessein sournois d’obtenir davantage de notoriété ou d’argent. Elles peuvent engendrer la mort pour celui qui la subit, s’il ne peut se défendre face à ce genre de pratiques occultes par ignorance . 

Or, nous devions le lendemain nous rendre à Amaru Muru. La cérémonie de l’équinoxe devait avoir lieu sur ce site sacré avec l’ensemble des participants de la réunion. Cet endroit est décrit par les autochtones comme étant une "porte des étoiles", un lieu de passage entre deux réalités. Mon agresseur présumé prétend l’avoir découvert. En définitive il ne l'a que promu, afin de s’enrichir sur le dos "d'illuminés" perdus en quête d'élévation spirituelle, comme ceux que nous avions côtoyé toute la soirée. Il devint clair qu'en acun cas, nous ne nous mêlerions à ce groupe.

 Amaru Muru

perou26Ce soir là, Rudy nous conseilla de ne plus nous mêler à ce groupe et de demeurer dans notre chambre. Allongée sur le lit, je décidai en toute connaissance de cause de me battre contre cet adversaire mystérieux. Je le vis subitement sous la forme d’un grand oiseau fondant sur moi toutes griffes dehors ! La bataille dura une bonne partie de la nuit… Tel était donc le présage du double arc en ciel. Un combat qui aurait du se solder à n’en pas douter par ma mort, étant donné mes symtômes physiques inquiétants, mais dont je sortis néanmoins victorieuse. Le pourquoi de cette attaque demeure toujours à ce jour inexplicable. Quuoiqu'il en soit, ce genre de lutte peut s’avérer particulièrement dangereuse pour le profane. En particulier pour tous ceux qui s'adonnent à des rituels sous drogues psychotropes avec des chamans natifs peu recommandables, ou pire encore avec des pseudo chamans occidentaux.

J’en profite au passage pour déconseiller d’autant plus vivement la mode relativement récente du narcotourisme de l’ayahuasca, se déroulant principalement au Pérou. Celui-ci qui se répand à présent sur l’ensemble du globe! En effet, il s’agit de plantes, qui avant d'être consommées, nécessitent un apprentissage, une préparation d'une semaine de diète sévère, puis l’accompagnement d’un chaman sérieux et averti. Spirituellement perdus ou désireux d’un simple « trip », trop de gens naïfs et inexpérimentés tombent dans le piège d'apprentis sorciers, de charlatans ou d'individus carrément malhonnêtes, nuisibles et malveillants.

Il est vrai que la recherche d'un bon chaman peut se comparer, à juste titre, à la conquête du Graal! Il ne se déniche ni dans la rue, ni en Europe occidentale dans quelques séminaires trompeurs à des milliers de kilomètres de leur lieu d’origine, sous prétexte de pratiques ésotériques coûteuses ! Une telle expérience ne se vit pas à la légère, et encore moins pour épater la galerie ou se propulser vers des capacités soi-disant latentes et illusoires ! Par conséquent, je m’inquiète de la recrudescence vertigineuse d’occidentaux, se prétendant à leur tour hommes/femmes médecine ou chamans sans aucune connaissance valable. Ils sont aussi toxiques que des amanites phalloïdes poussant après la pluie, mais bien plus attractifs que les comestibles…

Visite de Puno

Le lendemain matin, - jour de l’équinoxe -, nous nous réveillâmes tôt. Mon état s’était nettement amélioré. En discutant avec d’autres natifs lors du petit déjeuner, il devint évident que nos désagréments de la nuit n’avaient strictement rien à voir avec l’altitude, mais avec l'environnement dans lequel nous nous séjournions…

Nous ne nous attardâmes pas. Sortant prendre l’air, nous déambulions entre les étalages d’un petit marché local, lorsque Rudy et Jonathan nous y rejoignirent, afin de nous conduire directement à Puno.

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Puno 

Perchée à 3810 m d’altitude, cette ville fut le siège d'une des civilisations les plus importantes de l'époque pré Inca, la culture Tiawanaco. La suprême expression de l'ancien peuple Aymara, dont les vestiges suscitent toujours l'admiration. Puno est considérée de nos jours comme la Capitale du folklore péruvien. De grandes festivités dédiées à la Vierge de la Chandeleur (Virgen de la Candelaria) s’y déroulent chaque année en février. La ferveur religieuse des autochtones, - ainsi que leur enthousiasme pour les danses et la musique -, transforment en cette période la cité en un lieu totalement hors du commun.

Rudy nous accompagna tout d’abord jusqu’à la place centrale, face à la cathédrale, dont la construction remonte au XVIIIe siècle.

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Après nous avoir accompagné dans les ruelles de la ville, il s’absenta un instant. Il voulait acheter des offrandes dédiées à la Pacha Mama, en vue de la cérémonie que nous comptions effectuer l’après-midi.

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perou33Puis il nous emmena à l’église de la Vierge des Candélabres. Il nous y convia, afin qu’elle puisse bénir cette journée d’équinoxe et nous accorder son soutien. Rudy nous invita ensuite à monter sur une sorte de tricycle. Un taxi local qui nous transporta le long des rues poussiéreuses jusqu’au port, avant de nous embarquer sur un bateau pour visiter les îles Uros…

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Visite du lac Titicaca et des ìles Uros

Avant de monter, - et non sans une pointe d’amusement-, nous aperçûmes des pédalos multicolores et surréalistes. Tels des oiseaux géants, ils paraissaient prêts à s’élancer sur les flots d’un des plus vastes lacs au monde : le lac Titicaca.

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En effet, il s'agit du plus grand lac d’Amérique du Sud en longueur, mais pas en superficie totale, puisque le lac Maracaibo couvre une superficie de plus de 13 000 km². Le lac Titicaca possède également le modeste record d'être l'étendue d'eau navigable la plus élevée au monde. Il est traversé par la frontière entre la Bolivie et le Pérou et tiendrait son nom du rocher Titi Khar'ka ou « Roc du puma », situé sur l’Isla del Sol ou l’île du Soleil. Une autre hypothèse avance que son appellation dériverait de Titijaya ou le « puma de pierre ». Elle fait référence à une légende locale, relatant que des pumas noyés furent transformés en statues de pierre.

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Les îles les plus peuplées sont l'isla del Sol en Bolivie qui compte 5 000 habitants. Côté péruvien, Amantani comprend près de 4 000 habitants et Taquile, 757 familles, soit environ 3 500 habitants au total. Les populations riveraines natives se composent de Natifs Quechua et Aymara.

Pour les autochtones andins, le lac Titicaca représente le berceau du premier Inca. qui aurait surgi de ses eaux. L'île du Soleil reste un lieu sacré comme au temps de l'empire. Quant aux Uros, un mythe local prétend qu’ils furent les premiers habitants de la région et qu’ils possédaient six doigts…

De nos jours, on appelle Uros les habitants des îles flottantes fabriquées à partir de roseaux. Cette étape touristique presque obligatoire leur permet en grande partie d'y vivre. En réalité, la dernière véritable Indienne Uros serait décédée en 1959. Les occupants des îles sont depuis des Aymaras. Ils y font pousser la quinoa, plante cultivée pour ses graines riches en protéines. Ils y élèvent des lamas et traversent le lac à bord de leurs barques en totora (jonc tressé).

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Une légende raconte que les hommes vivaient heureux dans une vallée fertile. Rien ne leur était interdit, sauf de monter dans la montagne. Jaloux de leur tranquillité, le diable leur dit d'aller y chercher le Feu Sacré. Sinon, un malheur s'abattrait sur eux. Mais les dieux de la montagne appelés « Apus » les surprirent. Les Apus firent sortir des cavernes des pumas, dévorant toute la population.

Inti, le dieu du soleil qu'ils vénéraient, pleura pendant 40 jours et 40 nuits sans interruption. Ce qui inonda la vallée et créa le lac Titicaca. Seul un couple survécut en se réfugiant dans une barque, d’où ils virent les pumas se transformer en pierre. C'est pour cette raison que le lac s'appelle el lago de los pumas de piedra, le lac aux pumas de pierre. Aujourd'hui, dans la symbolique Aymara, ces derniers sont représentés par la figure de proue des bateaux (les balsa) : une tête de puma tressée. Ils ne sont pas sans rappeler les drakkars des vikings !

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En route vers les Uros, un natif nous expliqua l’origine des Aymara. Près de 2000, ils vivent disséminés sur des petites îles recouvertes de roseaux comestibles, qu’il nous fit d'ailleurs goûter. Apparemment en marge de la civilisation moderne, nous constatâmes pourtant que ce peuple n'avait pas hésité à installer des panneaux solaires pour éclairer leurs maisons!

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Débarquant sur une première île, notre guide nous montra les poissons pêchés, essentiellement des truites ou "truchas", ainsi que des armes pour chasser les oiseaux. Quant à la morphologie des Aymara, celle-ci différe considérablement de celles des Quechua. Ils ont des pommettes hautes et très accentuées, une peau presque noire en raison de l’exposition permanente au soleil, un visage massif et carré, et une très petite taille. Extrêmement solidaires, ils démontrent un tempérament paradoxalement très ouvert, chaleureux, espiègle et joyeux.

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Notre guide nous révéla les différents types de maisons existant sur les îles. Des rondes qui furent inspirées des habitations datant d'une époque antérieure aux Incas, et des carrées, postérieures à cette époque.

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Rudy nous invita à prendre place sur une balsa à fond plat. Le capitaine manœuvrait l’embarcation à la manière d’un gondolier, pendant que Rudy dirigea une première cérémonie. À la requête de Kuichy, il nous fit humer l’essence d’une fleur qui se nommait : l’essence Saint Germain. Puis, il nous demanda de fermer les yeux. Nous entendîmes le son aigu d’une cloche, suivi de celui de maracas. Un rituel dépourvu de paroles, court, simple et profond.

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perou65Nous parvînmes ainsi vers une deuxième île. Rudy y semblait très populaire et particulièrement apprécié. Après avoir acheté quelques babioles locales, une femme m’offrit un pendentif aux couleurs de l’arc en ciel, tel un clin d’œil en référence à l’incident de la veille. Je ne pus m’empêcher de demander à une native de me tresser les cheveux à la mode locale, juste avant de déguster une truite et des pommes de terre déshydratées sous une petite tente sommaire. Les Aymara ont beau vivre de façon ancestrale, ils boivent du Coca et possèdent tous des portables !

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Équinoxe et AMARU MURU

perou72De retour à Puno, je réalisai que mes symptômes physiologiques insoutenables de la veille avaient pour ainsi dire totalement disparu. Nous reprîmes la route en direction de Chicuito durant une soixantaine de kilomètres, avant d’atteindre Amaru Muru vers 14h. Le groupe d'Adam Yellowbird se trouvait encore sur les lieux. D’un simple regard, Rudy et moi-même décidâmes de patienter au maximum une heure à l’écart de cette foule bigarrée et hétéroclite.

perou73Pour la grande majorité, celle-ci n’avait aucune idée de la manière de procéder. Installés sur un alignement de rochers à l’opposé d’Amaru Muru, nous observions de loin, et en silence, ce spectacle affligeant et totalement irrespectueux du caractère sacré du site.

perou74perou76Je décidai de m’assoir dans un espace en renfoncement pour m'y recueillir, situé juste en face de la porte des étoiles. Je demandai à la terre et aux esprits du lieu, l’autorisation d’effectuer notre cérémonie en paix; et surtout dépourvue de toute interférence extérieure. En guise de réponse à mes prières, 3 jeunes locaux vinrent s’asseoir à leur tour sur ma droite. Puis, un natif péruvien s’approcha quelques instants plus tard. Il déposa une offrande devant l’endroit où je méditais. Enfin, un scarabée de couleur vert métallique à reflets dorés apparut subitement à mes côtés...

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Autrefois, deux espèces de scarabées figuraient en Égypte : une noire et une verte métallisée. Une seule subsiste encore dans la vallée du Nil, d’un noir luisant et d’assez grande taille (20-40 mm). La deuxième espèce devait exister à l’origine en Haute Égypte. Elle se situe de nos jours en Nubie et en Afrique Orientale. L’identité de ces deux scarabées est fournie par la finesse de certaines figurations, ainsi que la découverte de spécimens momifiés. Dès la première dynastie (3000 avant J.C.), l’insecte détenait déjà une importance culturelle.

perou80Traduisant le concept de transformation, de renouveau et de résurrection, il est omniprésent dans l’art religieux et funéraire égyptien. Dieu du soleil levant, Kheper ou Khépri désigne un dieu créateur. Son nom signifie : «venir à l’existence» (Kheper), «Celui qui sort de la Terre» (Khépri) ou encore «Celui qui est apparu». L’Egypte Ancienne croyait donc que Khepri faisait renaître le Soleil chaque matin. Le roulant devant lui au-dessus de l’horizon, il l’emportait dans l’autre monde, la nuit, pour ne le ramener qu’au matin suivant. «Venir à l’existence», «être» et «devenir» furent associés aux idées de génération spontanée et de re-nouvellement, dont le scarabée reste le symbole.

Celui qui se présenta à moi était peut-être un Chrysophora chrysochlora », signifiant littéralement «qui porte de l'or, vert or» ou «porteur d’or». Or, ce scarabée de couleur vert-doré se trouve en Colombie et au Pérou, employé par les Natifs de ces régions pour orner leurs colliers. Proches cousins de la famille des hannetons, cette espèce de la famille des Rutélinés forme un groupe particulièrement présent en Amérique Centrale, quoique dans des aires relativement réduites et pour la plupart des zones montagneuses. Autrefois, certains chamans utilisaient leurs élytres pour orner des couronnes. En l'occurrence l’aile antérieure dure et cornée des coléoptères, ne servant pas au vol, mais à recouvrir et protéger l'aile postérieure à la façon d'un étui.

Quel plus beau message de bénédiction pouvais-je recevoir des esprits, que celui de regénérescence et de renouveau, - le jour de la venue du printemps, du moins pour nos latitudes !

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Pour sa part, Amaru Muru s'apparente à l’une des plus étranges structures anciennes. Elle se cache sur le terrain raboteux de la montagne Hayu Marca près de Puno. Elle ne fut découverte qu’en 1996, malgré qu’elle soit toujours demeurée connue des Natifs de la région. Ceux-ci la nomment «la porte des Dieu» ou «la Porte des Cieux». Creusée dans un rocher, elle se dresse telle une immense façade de quelques 7m de haut et de large, encerclée par un alignement de pierres des plus étranges. Au centre se trouve une alcôve d’environ 2m de large, telle une porte fermée qui ne daigne s'ouvrir qu’aux initiés pour accéder à l’au-delà. Elle n’est pas sans rappeler la fausse porte des mastabas de l'Ancien Empire Egyptien.

perou84perou85Site d'Amaru Muru

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Le mastaba est un édifice funéraire égyptien, servant de sépulture aux pharaons des deux premières dynasties, ainsi qu'aux hauts dignitaires de l'époque archaïque au Moyen Empire égyptien (une période de l'histoire qui m'a toujours fascinée). Extérieurement, un mastaba est une construction rectangulaire aux murs de briques crues ou de pierres taillées, d'abord droits, puis progressivement légèrement inclinés vers l'intérieur comme la base d'une pyramide. Une porte donne accès à une chapelle funéraire. Sur le mur, face à l'entrée, est gravée une fausse porte qui mène symboliquement vers le royaume des morts. Elle est conçue pour faciliter le retour de l'âme du défunt dans le royaume des vivants, et de prendre possession des offrandes lui étant destinées.

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 Porte d'Amaru Muru et fausse porte à Saqqara

 

Pour le profane et d’un point de vue technique, - perdue au milieu de nulle part - Amaru Muru ne semble ne détenir aucun sens ou utilité précise a priori. Mais la réalité est tout autre pour celui qui sait communier avec elle avec respect et humilité. Certains natifs racontent même qu’ils auraient vu des extra-terrestres en jaillir..…

Quoiqu'il en soit, une heure exactement s’écoula entre notre arrivée et le départ du groupe entier. Il était exactement 15h. Rudy nous informa du déroulement de notre cérémonie. Puis il appela Jonathan pour se joindre à nous. Notre maître de cérémonie plaça les offrandes selon un rituel précis, - curieux mariage entre sa culture quechua et chrétienne -, lorsque des enfants apparurent subitement. Il leur demanda avec beaucoup de douceur de se placer au-dessus de la porte et de revenir après. C’est alors que le ciel nuageux et couvert fit place à un soleil radieux…

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La porte était flanquée de deux piliers, un mâle et un femelle, comme un rappel des deux plumes de condor dont j’avais fait l’acquisition le matin même. Nous posâmes nos affaires, enlevâmes nos chaussures. Pieds nus, Rudy nous versa de l’eau de Cologne au creux de nos mains pour nous purifier le front, derrière la nuque, à la hauteur de la gorge, et enfin sur tout le corps. Pendant qu’il poursuivait les préparatifs, il me fit signe de me placer en premier lieu sur le pilier gauche, - étant une femme -, puis sur le droit, tête contre la paroi et dos au mur. Vint le tour de Manuela. Pendant ce temps, Rudy fit brûler de l’encens, en déposa à la base de chaque pilier et purifia la porte. Je ne décrirai pas ici le reste de la cérémonie qui dura environ une heure, avec les enfants pour seuls témoins…

Une fois celle-ci complétée, 7 petites filles et 4 petits garçons se regroupèrent autour de nous. Certains se mirent à entonner une chanson, pendant que d’autres se rapprochèrent. Quant à Rudy, avec l’humilité qui le caractérise, il déclara : « Je ne suis pas un maître, mais Dieu m’a accordé le don de pouvoir unir les gens, de les mettre sur la voie de leur propre chemin spirituel… » Il ajouta : « Bientôt cette porte s’ouvrira… »

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Nous jouâmes avec les enfants. alors que Rudy leur offrait du pain et des biscuits. Quelques-uns tentèrent d’apprendre à Manuela à siffler avec ses mains et elle, avec leurs doigts. Sur le chemin du retour, Rudy nous demanda si nous voulons participer à la cérémonie du soir avec le groupe d'Adam. Inutile de dire que nous éclatâmes de rire ! Après ce que nous venions de vivre, une autre cérémonie aurait fait pâle figure, sans compter que je ne souhaitais plus souffrir à nouveau comme la veille…

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Les enfants d'Amaru Muru

Rencontre avec Uqualla

perou99De retour dans notre chambre, nous prîmes un moment pour retranscrire notre expérience. Soudain, j’entendis un chant Havasupai et je me précipitai à l’extérieur, ne pouvant résister à l’appel. Uqualla, frère de Diana Sue, chantait muni de son tambour. Je m’assis dans la salle de conférence, suivie de près par Manuela. Uqualla entama alors un discours sur l’humilité, la préparation aux voyages initiatiques et sur l’être. Il demanda à l’audience la chose suivante : quelle que soit la manière dont nous évoluerions, de ne jamais oublier les Anciens et leur sagesse. Il proposa ensuite à chacun de choisir une couleur parmi le jaune, le rouge, le blanc et le noir, et de prononcer son son nom. Il faisait référence aux 4 races de l’humanité terrestre…

Pour ma part, après avoir hésité entre le noir et le rouge, j’optais pour la deuxième couleur, et Manuela choisit pour le blanc. Uqualla s’adressa à chacun des « clans ». Le clan des rouges comprend ceux qui œuvrent avec le cœur et les émotions. Ils sont souvent confrontés à des conflits dans tous les domaines. Le clan des noirs se compose des « psychics » (voyants), dotés de puissantes intuitions. Ils sont souvent sujets pouvant à d'importants des maux de têtes, mais ils peuvent et doivent exprimer ce qu'ils perçoivent. Quant au clan des blancs, il est porteur de veilles âmes, ayant pour fonction de diffuser et de préserver la sagesse des Anciens dans un corps jeune.

Uqualla 

Dans la soirée de cet équinoxe (d’hiver pour le Pérou et de printemps pour nos latitudes), Jonathan vint nous chercher au son de la Cumbia, de la Salsa et de la Chicha, afin de nous conduire à Puno où nous attendait Rudy pour dîner. Ce dernier nous parla enfin de lui, de ses expériences avec les condors à Arequipa, ainsi que de ses diverses actions humanitaires. Notamment au Brésil, où il participa à la construction d’un hôpital pour enfants : « La petite pierre dans le pied ». Il nous confia son souhait de nous emmener à Moray à notre retour de Cuzco. Je connaissais ce lieu pour m’y être rendu en 1987 et y avoir vécu une expérience incroyable…

Et pour cause : Moray désigne un ancien centre de recherche agricole Inca, où se pratiquaient des expériences de culture variées. Il se trouve dans la Vallée sacrée des Andes, à 3 500 m au-dessus du niveau de la mer et à 50 km au nord-ouest de Cuzco, sur le territoire de l'actuel Pérou. À première vue, ce lieu ressemble à un amphithéâtre, composé d'un principal et deux secondaires plus petits à proximité. Ils sont constitués de plusieurs terrasses disposées en cercles concentriques.

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Site de Moray

La position des terrasses engendre une série de microclimats. En effet, plus élevée au centre, la température diminue en fonction de la distance qui les sépare, entraînant l'apparition d'une vingtaine de microclimats différents. Néanmoins, peu de choses sont révélées au sujet de Moray. La plupart des guides touristiques s'abstiennent d'expliquer, qu'au milieu de l'espace principal se trouve un phénomène intéressant: la sortie d'un courant tellurique accompagné d'un double vortex; l’un dextrogyre (sens des aiguilles d’une montre), l’autre lévogyre (sens inverse des aiguilles d’une montre)! Autrefois vénéré, certains racontent que surgissait eu dans ce liun être formé d'un corps de serpent, de jaguar et de condor. S’agirait-il de Quetzalcóatl, le serpent à plume? Nul ne saurait l'affirmer.

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Quetzacòatl

En définitive, nous n’eûmes pas l’occasion de visiter ce site cette fois-ci. Nous dûmes attendre une année plus tard, lors d'un autre voyage pour y effectuer une magnifique cérémonie…

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Rencontre avec le Révérend Trimble Gilbert 

Le lendemain matin, Manuela et moi-même nous assîmes à une table pour le petit déjeuner, où se trouvaient déjà quelques personnes; notamment un Ancien (Elder), un natif en provenance d’Alaska: le Révérend Trimble Gilbert. Celui-ci engagea immédiatement la conversation avec nous. Il appartient au peuple des Neets’aii Gwich’in Athabaskan. En l'occurrence, « Ceux qui résident dans le nord », Neets’aii signifiant « Les premiers sur la terre ». Les Athabaskans ou Athabascans sont les ancêtres Den'a ("le peuple") des Navahos et des Apaches. D'après les archéologues, les Athabaskans auraient tout d'abord traversé le détroit de Béring depuis la Sibérie avant d'arriver en Alaska, il y a environ 10.000 ans. Leur territoire couvrait alors une large portion des forêts boréales. Il s'étendait à partir d'une large zone intérieure de l'Alaska, incluant les territoires du nord ouest du Canada et descendant à travers le cercle Polaire jusqu'à la Colombie Britannique. D’ailleurs, l'arrivée de ce peuple sur le continent américain coïncide avec la disparition du lion américain. Il y a plus de mille ans, ils commencèrent leurs migration du nord et de l'ouest vers les déserts du sud-ouest.

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Athabaskans

En effectuant des recherches, j’ai lu ces quelques lignes avec attention, rédigées par le climatologue Matthew Gilbert, le petit fils du Révérend : « Le réchauffement planétaire affecte chaque aspect de la vie de Gwich'in. Les Anciens de Gwich'in avaient prévu qu’il viendrait un temps où le climat deviendrait chaud et se modifierait. Ils prédirent même d’un problème de réduction de la couche d’ozone dans la stratosphère. À Gwich'in, nous nommons cette protection contre les rayons rudes du soleil "Zhee vee Luu." Les Anciens savaient que quelque chose l’affectait. Et comme les vieilles histoires nous l’ont raconté : le climat change et les animaux modifient aussi leurs mouvements (leurs migrations). »

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Révérend Trimble Gilbert

L’objectif de cette réunion à Puno consistait originellement à soutenir l'association des Aigles (natifs de l’Amérique du Nord) et des Condors (Natifs de l’Amérique Centrale et du Sud), non sans rapport avec la prophétie du même nom. Nous nous sentîmes honorées de rencontrer cet homme venu d’aussi loin à cette occasion. Ce prêtre épiscopal, Chef Traditionnel du Village Artic, musicien de renommée et vétéran de la garde national, nous invita chaleureusement, - et le plus simplement du monde -, à venir lui rendre visite. Il nous prit chaleureusement dans ses bras, avant de prendre congé de lui. Nous devions faire nos derniers préparatifs pour repartir en direction de Cuzco.

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Alors que nous attendions Rudy et Jonathan, je croisai dans le hall d’entrée le propriétaire de l’hôtel. Il parût fort surpris et mal à l’aise de me voir en si bonne forme ! J’échangeai quelques mots avec lui, comme si rien ne s’était produit…

Le temple de la Fertilité

Avant de reprendre la voiture, Rudy nous guida vers un site archéologique, situé non loin de l’église de Santo Domingo dans le petit village de Chucuito. Si celui-ci garde encore quelques traces de l’époque coloniale, il n’en est pas moins bâti sur une ancienne communauté pré-Inca, centre du petit royaume local des Lupaqa. Il contient un temple consacré au dieu de la fertilité, ainsi que des dizaines de pierres phalliques, dont la signification demeure relativement mystérieuse. Il me rappelait d’autres temples. Les maisons des naissances en Égypte, les Mammisi, dans lesquels les femmes stériles ou en mal d’enfants viennent encore de nos jours implorés les dieux. Rudy me confirma que le rôle de ce petit site péruvien des plus étranges remplissait la même fonction.

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Temple de Chucuito et Mammisi de Denderah

Le Col de la Raya bis

En chemin, nous fîmes une halte au col de la Raya pour parcourir le petit marché local. Nous ne pûmes résister à la traditionnelle photo touristique, en compagnie d’une autochtone et de son lama…

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Le marché du Col de la Raya

Awana Kancha 

De retour à Cuzco, nous attendions un appel de Kuichy pour nous informer de la suite du programme. Il nous annonça qu’il devait terminer certaines tâches. Il ne nous rejoindrait au site de Ollantaytambo que dans l’après midi. Rudy et Jonathan vinrent donc nous chercher vers 10h du matin. Nous reprîmes la route depuis Cuzco en direction de la Vallée Sacrée des Incas. Nous traversâmes des villages, dédiés principalement à la culture de pommes de terre, de maïs et de son alcool dérivé: la chicha, et de fruits. Nous nous arrêtâmes en premier lieu à Awana Kancha, un centre d'élevage de lamas, d’alpagas et de vigognes. Leur laine est filée, teintée, puis tissée ou tricoté par des autochtones pour la vente.

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Awanka Kancha, lamas, alpagas et vigognes

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Ka Ren et Manuela

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Rudy et Jonathan

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Les tisserands

Písac

Nous reprîmes la route en direction de Písac ou Pisaq, un district de la province de Calca. Le chef-lieu se trouve à 2 972 m d'altitude et à 33 km de Cuzco, la capitale régionale. On y accède par la vallée du Vilcanota au sud-ouest du district où coule le Río Urubamba. Cette rivière importante du Pérou est partiellement navigable et est un affluent du Río Apurímac, donc de lAmazone. Elle naît dans la Cordillère des Andes, au sud-est de Cuzco, près de la limite avec la région de Puno, où son nom change et devient Vilcanota.

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Rio Apurîmac et Amazone

Le site archéologique Inca de Pîsac constitue l'un des plus importants de la Vallée sacrée des Incas. Ses ruines se trouvent sur une colline à l'entrée de la vallée. Elles sont réparties le long de la crête en 4 groupes : Pisaqa, Intihuatana, Q'Allaqasa, et Kinchiracay. Intihuatana comprend plusieurs thermes et temples, dont le Temple du Soleil. Pour sa part, Q'Allaqasa est construit sur un éperon rocheux dominant la vallée et se nomme aussi appelé la citadelle. 

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Ruines de Q'Allaqasa et autres ruines des alentours de Pîsac

Le versant de la colline est strié de terrasses agricoles, construites sur les pentes abruptes des montagnes par les Incas et toujours utilisées. Avec ses édifices militaires, religieux et agricoles, le site possédait une triple fonction. Certains pensent que Písac défendait l'entrée sud de la Vallée Sacrée, Choquequirao, l'ouest et la forteresse d’Ollantaytambo, le nord. D’autres considèrent, que les terrasses étroites en dessous de la citadelle symbolisent l'aile d'une perdrix (pi-sac'a), donnant son nom au lieu.

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Rio Urubamba et terrasses

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Písac

Le village de Písac reste connu pour ses marchés du dimanche, mardi et jeudi. Ils attirent de nombreux touristes venus de Cuzco. La place centrale est dominée par un arbre gigantesque et centenaire, appelé pisonay.

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Arrivée à Písac et place du village

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Marché et Pisonay

Rudy m’emmena immédiatement chez un homme, vendant toutes sortes d’objets rituels pour les chamans et hommes/femmes médecine. J'y découvris d’une part, les plumes apportées plus tard aux Havasupai pour la cérémonie du solstice d’été, ainsi que le condor en quartz offert au Musée de Supai. D’autre part, je remarquai un faucon en améthyste dans une vitrine, similaire à Horus. Le marchand au regard perçant hésita d’abord à me le confier, tant la puissance de cette objet semblait l'inquiéter. Rudy intervint en ma faveur et à mon grand étonnement lui expliqua que j’étais selon lui un "maestro", - sous-entendu parfaitement en mesure de le gérer!

Rudy nous invita ensuite à pénétrer dans la petite cour d’un restaurant à ciel ouvert. Des femmes faisaient cuire des enchiladas dans un grand four à bois. Une enchilada se réfère à une préparation culinaire d'origine mexicaine. Elle est composée d'une tortilla garnie de viande, roulée, puis recouverte de sauce épicée.

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Restaurant d'enchilladas

Enfin, nous reprîmes la voiture pour retrouver Kuichy à Ollantaytambo…

Ollantaytambo

À 70 kilomètres de Cuzco, en direction du Machu Picchu, se trouve la forteresse de Ollantaytambo. Ce site militaire stratégique se situe dans la vallée de l'Urubamba à 2700 mètres d'altitude. Selon la langue Aymara, son nom signifierait « le lieu pour regarder en bas », comme le démontre sa position dominante sur l'ensemble de la région.

Cependant, pour les Quechuas, Ollantaytambo désignerait surtout la ville offrant le gîte, le repas et la tranquillité aux voyageurs.

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Ollantaytambo

Ce lieu joua un rôle majeur au cours de la résistance qu'opposa Manco Inca face aux espagnols. Après avoir organisé le siège de Cuzco durant des mois, ce dernier réalisa que ses forces s'affaiblissaient. Il décida donc de se retirer à Ollantaytambo. La forteresse lui offrait une défense parfaite. En 1537 les Incas réussirent à vaincre les conquistadors espagnols, puis l'Empereur se retira à Vilcabamba.

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Manco Inca

Ollantaytambo reste également célèbre en raison d’une histoire écrite au 16e siècle, et jouée au théâtre en 1780. Celle-ci raconte les amours conflictuelles entre le général Ollanta et Cursi Coyllor, la fille de Pachacutec. Ollanta se distinguait des autres généraux pour son courage et sa grande habileté. Mais il dut quitter la ville, déçu de ne pas pouvoir aimer librement la jeune femme, issue d’un rang social beaucoup plus élevé. Ollanta poussa alors le peuple à la rébellion contre l'armée impériale. Il provoqua une guerre qui dura une décennie. Jusqu’au moment où le général rebelle fut capturé. Trahi par son capitaine Rumiñahui, il fut amené à Cuzco devant Tupac Yupanqui, successeur de Pachacutec. Ce dernier accepta d’écouter son histoire. Il décida finalement de le libérer, acceptant qu’il devint le compagnon de sa sœur.

Kuichy nous narra une version un peu différente. Selon lui, Pachacutec avait bien une fille. Il la chérissait plus que tout au monde et la protégeait de tous les regards. Cependant l’apercevant un jour, Ollanta tomba immédiatement amoureux d’elle. Ils se virent en secret, jusqu’au moment où ils furent découverts. Le père de Cursi Coyllor (étoile), très fâché, décida de mettre Ollanta en prison. Mais sa fille était enceinte. Ses conseillers pensaient qu’il serait peut-être préférable qu’il revint sur son verdict. Pachacutec convoqua Ollanta. Il lui ordonna de créer un pont entre Cuzco et le Machu Picchu. Ollanta s’exécuta. Il fit même davantage, puisqu’il bâtit le temple, symbole d’amour inconditionnel, non seulement pour sa belle, mais pour l’humanité…

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Pachacutec et Yupac Yupanqui

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Suivi de Rudy, Kuichy nous invita à pénétrer par une première porte. Celle du vent, à l’intérieur de laquelle se trouve une fontaine. 

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Première porte et Inti

Autrefois, seules les vierges sacrées, les Acclas, gardiennes du feu sacré d’Inti, avaient l’autorisation de s’y rendre. La provenance de cette eau fut un secret si bien préservé à l’époque, qu’aujourd’hui encore personne ne sait réellement où se trouve sa source.

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Manuela devant la fontaine

Plus loin, nous découvrons d’autres fontaines. Elles étaient antérieurement destinées aux classes sociales plus basses. Enfin, Kuichy se dirigea vers un dernier point d’eau, sur lequel nous pouvions distinguer nettement une Chakana, la croix sacrée des Incas. Nous procédâmes à une purification de la totalité de nos chakras ou centres énergétiques sous sa guidance.

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Chakana

Kuichy nous montra ensuite la partie du temple dédiée aux agriculteurs. Jadis, chaque terrasse regorgeait de fleurs et de plantes. En face du Temple du Soleil, le flanc d’une montagne laisse deviner le profil de Viracocha. Dieu mythique tout puissant et créateur, il semble littéralement incrusté dans la roche. Son visage de profil est flanqué de deux monastères, où paraît-il des personnes se recueillaient face au temple. Bien qu'institué durant l'Empire, le culte du soleil soit devenu officiel, de nombreux récits et témoignages décrivent que les Incas observaient une vénération envers un autre dieu créateur/civilisateur. Son nom était Pachacamac sur les côtes du Pérou et Viracocha ou Wiracocha dans les hautes terres de l'Empire. Tous deux se distinguent et restent bien antérieurs aux Incas.

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Viracocha

Ollantaytambo représente donc l’un des seuls vestiges de l'architecture urbaine Inca avec ses bâtiments, ses rues et ses patios. Dans la partie haute se trouvent les vestiges du temple, tout en porphyre rouge, les plus remarquables étant six blocs assemblés entre eux avec une grande précision par des blocs plus minces. Sur l'un d'eux apparaît un signe serpentin en relief qui symbolise la Pachamama, la Terre-Mère. La ville en elle-même a la forme d'un épi de mais. Les maisons qui représentent les grains sont elles-mêmes séparées par des canaux.

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Pachamama et maisons

La montée vers les édifices sacrés et le temple du Soleil au sommet s’avère particulièrement raide. Certains blocs pèseraient même près de 50 tonnes et proviendraient d’une carrière située à 6km du lieu. Très soigné, le mur qui juxtapose le temple du Soleil est formé de pierres parfaitement encastrées et taillées autour de 10 niches d'offrandes.

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Les pierres d'Ollantaytambo

Une fois presque arrivés au sommet, nous nous recueillîmes un bref instant devant la partie centrale, avant d’accéder à la porte menant au Temple.

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La porte du Temple

Grand-Mère Araignée

perou165C’est alors que le vent se mit subitement à souffler très fort. J’y vis là comme un signe m'invitant à la vigilance. Et en effet, j’aperçus bien vite une tarentule, descendant le long de la façade et s'avançant dans ma direction. Mais voilà qu'elle se fit elle-même attaquer par derrière par une sorte de guêpe géante. Toutes deux semblaient sortir de nulle part !

Je me souveins que parmi les nations pré-colombiennes, les Algonquins, peuple autochtone de l’Amérique du Nord, furent parmi les premiers à relater le mythe de Grand-Mère Araignée. Cette divinité célèbre est le symbole d’une infinie sagesse pour son peuple. Très proche de la Mère Terre, de la Pachamama, Grand Mère Araignée s’apparente à une forme d’oracle; une médiatrice entre les êtres humains et l’au-delà.

perou167Sa légende demeura si répandue, que quelques tribus du nord-est, - poussées progressivement au sud-ouest -, la maintinrent vivante oralement jusqu’à nos jours. Par exemple, dans la mythologie des indiens Pueblos, notamment celle des Hopis, l’araignée, - ou "Grand Mother Spider" (Grand Mère Araignée) -, reste Source de toute existence, de toute créature vivante et de tous les possibles. Elle connecte le passé et le futur dans le présent.

Je me souvins aussi qu’il existait chez les Hopis plusieurs versions du Mythe de la Création, soit l’équivalent de notre Genèse. L’une de ces versions narre qu’au début, il n’existait que deux êtres : Tawa, le Dieu Soleil, et Grand Mère Araignée (Kokyanwuhti), Déesse de la Terre. Tous les mystères et les pouvoirs du monde d’en haut appartenaient à Tawa. Quant à la Femme Araignée, elle dirigeait la magie du monde d’en bas. En ces temps-là, il n’existait encore ni homme, ni femme, ni oiseaux, ni animaux, avant que ces deux êtres n’en décident autrement.

perou168perou169Vint le moment où ils déterminèrent que d’autres dieux devaient partager leurs labeurs. Aussi Tawa se divisa lui-même et apparut Muiyinwuh, Dieu de Toute Vie. Alors que la femme Araignée en fit de même apparut Huzruiwuhti, la femme des substances dures (turquoise, argent, corail, coquillage, etc). Huzruiwuhti devint la femme de Tawa et enfanta Puukonhoya, le Jeune et Palunhoya, l’Écho. Puis plus tard furent conçus Hicanavaiya, l’Homme-Aigle, le Serpent à Plume et bien d’autres.

Tawa et la femme Araignée eurent une grande Idée. Ils feraient en sorte de placer la terre à mi-chemin entre le Monde d’en Haut et le Monde d’en Bas. Alors que Tawa imaginait les caractéristiques propres à la planète Terre, Grand Mère Araignée les modela avec de l’argile. Au fur et à mesure que Tawa évoquait les animaux et les plantes, la femme Araignée les engendrait.

Enfin, satisfaits de leur création et grâce à la magie, ils leur insufflèrent la vie. Tawa décréta ensuite que le temps était venu de manifester des êtres à leur image, afin de régner sur le reste du monde. Une fois encore, la femme Araignée s’exécuta, demandant à ses créatures de la suivre partout où elle les conduirait. Elle les guida à travers les Quatre Grandes cavernes du Monde souterrain, jusqu’à ce qu’ils découvrirent une ouverture. Cette ouverture ou sipapu les menant vers la surface de la Terre.

perou170 Great Spirit,Tawa et la Créationperou171

Une autre légende prétend que dans un lointain passé, les ancêtres des êtres humains vivaient dans le Monde d’en Bas et dans l’obscurité. Ils n’étaient pas pleinement humains et se comportaient comme des insectes. Toutefois, un Grand Esprit les protégeait, que certains associaient au soleil. Attristé par leur condition souterraine, celui-ci envoya sa messagère, Grand Mère Araignée. Elle leur expliqua que l’Esprit Soleil souhaitait leur offrir des conditions de vie meilleures et qu’elle les guiderait jusque vers un autre monde. Émergeant à la surface de la terre, ils changèrent instantanément d’apparence…

perou172Plus proche de nous, sur le site mystérieux de Nazca où ne nous pûmes nous rendre durant ce voyage, me revint également en mémoire le dessin de l’araignée sur les pistes ensablées.

Quoiqu'il en soit, cette attaque soudaine et sournoise, venue de l’air, poussa la tarentule à se cacher derrière une pierre, avant de se diriger à nouveau vers la façade du temple, jusqu’à ce que son ennemie capitule. Toutes deux disparurent aussi mystérieusement qu’elles avaient surgi…

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perou174Parfois, les araignées représentent le totem de la créativité, de l'ingénuosité et de l’écriture en particulier. Or juste après la publication de mes deux ouvrages: Intégration I et II, je sortais en 2007 de plus de 5 ans d'épreuves et d'attaques perfides en provenance de diverses forces adverses.

 Araignée à Nazca, tarantule, guêpe et totem

C'est alors que perdue dans mes pensées et mes recherches d'interprétations de la cause de cet étrange conflit dont nous étions témoins, Kuichy m'invita à poser mes mains avec les siennes sur le mur, afin d'invoquer les esprits du lieu avec humilité et respect. Le résultat fut surprenant. Des orbs ou sphères de lumières apparurent, tels une multitude d’esprits ayant répondue à nos prières. Et juste à côté, comme pour conclure l'expérience, je pus observer distinctement une fois encore la Chakana sur l'un des énormes blocs de pierre rouge.

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Il était temps de redescendre, afin de prendre le train pour nous rendre à Aguas Calientes, au pied du Macchu Picchu...

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En route pour le Machu Picchu

Aguas Calientes

Kuichy discuta longuement avec nous durant le trajet, malgré le bruit ambiant qui masquait ses paroles. C’est au cours de cette conversation que nous réalisâmes, non sans amusement, que nous nous étions déjà rencontrés au Machu Picchu en 1987 lors de la Convergence Harmonique. Il mentionna l’impact que mon livre, Intégration I, avait déjà eu sur ses élèves l’ayant parcouru, même si ceux-ci ne parlaient pas l’anglais. Puis il déclara solennellement : « Chacun trace un sillon, avec ses notes et sa couleur, ses fruits. Le monde doit connaître les sillons que certaines personnes tracent…»

perou184Après avoir déposé rapidement nos affaires à l’hôtel, nous nous dirigeâmes vers les sources chaudes. Machu Picchu Pueblo (anciennement Aguas Calientes) n’était qu’un minuscule hameau en 1987. Je découvris avec stupéfaction, qu’une véritable ville avait poussée, telle une végétation luxuriante amazonienne, à proximité du Río Urubamba et du site ancestral du Machu Picchu. Machu Picchu Pueblo possède non seulement des bains chauds naturels, donnant leur nom à la ville (Aguas Calientes = eaux chaudes en espagnol), rebaptisée depuis pour des raisons touristiques, mais également un énorme marché multicolore.

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 Machu Picchu Pueblo

 

 

 

 

 

Machu Picchu

Je ne décrirai pas ici en détail la journée incoryable que nous avons passé en compagnie de Kuichy sur les ruines de ce lieu mythique, ni les cérémonies traditionnelles que nous avons effectué grâce à lui parmi les touristes. Il existe des moments trop précieux ou trop personnels pour les révéler dans le cadre d'un simple article. Toutefois, pour ceux qui hésiterait encore à se rendre un jour vers la Cité Perdue des Incas, voici quelques photos pour vous convaincre de vous y rendre au moins une fois dans votre existence. Et si vous vous intéressez à la psychothérapie ou aux mystères de l'ésotérisme, vous pouvez également vous procurez mon ouvrage autobiographique, dans lequel je décris ma première rencontre avec le Machu Picchu en 1987: Le cœur a des raisons que la raison ignore.

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Putucusi dans la brume, maison du gardien, vue d'ensemble et le torréòn 

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Pyramide de l'Intihuatana, Ka Ren et Kuichy, la Cité de Cristal, Huayna Picchu

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Vue d'ensemble, Intihuatana de loin, temple principal, pierre centrale

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Vue de la place centrale, entrée de l'Intihuatana, l'Inti sans touriste, vue de Putucusi

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Roche de la Pachamama, Huayna Pichu ou le Puma, Putucusi, le condor

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Kuichy, Ka Ren et Manuela

perou210Plan du Machu Picchu

Le Pérou et One Heart in Action

perou211Le 11 avril 2004, suite à deux glissements de terrain, six personnes ont trouvé la mort à Aguas Calientes. De plus, 1 600 touristes furent bloqués sur le site du Machu Picchu, uniquement accessible depuis ce village.

Le 15 août 2007, - 5 mois à peine après notre voyage -, un séisme d'une intensité de 8,0 sur l'échelle de Richter secoua la côte centrale du Pérou, à 150km au sud-est de Lima. Les villes de Pisca, Ica, et Chicha Alta dans la région de Lima furent les plus touchées. Kuichy prit contact avec mois pour solliciter une aide financière, afin de soutenir les plus démunis ou ceux qui avaient tout perdus. 

Plus récemment, en janvier 2010, le Pérou connut des inondations catastrophiques et sans précédent. Des pluies torrentielles s’étant abattues sur la région de Cuzco et des différents lieux que nous avions visité à l’époque. À la demande de Rudy, notre association à but non lucratif, One Heart in Action, lui prêta aussi assistance. Nous lui avons envoyer des fonds pour nourrir et secourir les villageois de Huacarpay, réduits à survivre dans des tentes sous la pluie et dans le froid pour une durée indéterminée. 

Parrallèlement, Rudy demanda à plusieurs reprises à One Heart in Action de l'appuyer financièrement, afin d'offrir aux enfants les plus pauvres de Cuzco, un Noël digne de ce nom. Découvrez nos articles sur le sujet...

 

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