mamo_kareneJ'ai eu le très grand honneur de rencontrer la tribu des Arhuacos en mars 2011 et deux de leurs Mamos, Mamo Menjabin et son frère, Mamo Jesus. D'une part, j'ai pu vivre avec eux, participer à plusieurs cérémonies et guérisons spectaculaires et d'autre part, découvrir plusieurs groupes de femmes à Nabusimake, leur capitale et à Pueblo Bello. De ces partages extraordinnaires sont nés 3 projets, que j'ai proposé dans le cadre de notre association à but non lucratif: One Heart in Action.

Un autre projet d'envergure se profilait pour mai 2012: la première venue du Mamo Menjabin de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie pour y tenir une conférence à l'Université de Genève: Uni Mail. Toutefois, Sara, sa femme étant enceinte, nous avions reporté la date à septembre 2012. Nous avions écrit à l'ambassade suisse pour lui permettre d'obtenir son visa. À notre grande surprise, le Mamo nous informa à la dernière minute, qu'il se rendrait d'abord à Paris pour visiter des amis, avec lesquels il viendrait ensuite à Genève. Devant le non respect de notre accord, nous avons informé l'ambassade que la conférence était annulée et aurait lieu à une date ultérieure...

 

OÙ VIVENT-ILS ?

mapsierranevadaLa tribu des Arhuacos se trouve au sein du Parc National de la Sierra Nevada de Santa Marta. En l’occurrence le 2e parc national le plus ancien de Colombie, qui fut créé en 1964. Celui-ci se situe dans la Cordillère Orientale, la chaîne de montagne de la Sierra Nevada de Santa Marta, couvrant les départements de la Guajira, Magdalena et Cesar

Pour sa part, la Sierra Nevada de Santa Marta est un massif montagneux isolé de la cordillère des Andes. D'une altitude maximale de 5'775m à seulement 42 km de la mer des Caraïbes, il s'agit du plus haut massif côtier du monde. La Sierra Nevada couvre près de 17 000 km2 et abrite les sources de 36 rivières. De ce fait, elle est aussi escarpée que le versant sud de l’Himalaya et les natifs savent habilement utiliser les différences d’altitude, afin d’obtenir des récoltes à différentes époques de l’année. Le climat est tropical, chaud, humide avec de grandes variations au cours d'une même journée.

mapreservesPar conséquent, cette région constitue à la fois un sanctuaire, une réserve native et une attraction touristique, en raison de sa variété de climats, terrains, flore et faune. Réparties dans ces réserves indiennes (Resguardos Indigenas), localisées dans la moyenne montagne, i4 tribus vivent ensemble au cœur même de la Sierra Nevada, tous descendants des Tayronas 

  • Au sud : les Arhuacos (aussi nommés Ica, Ijca ou Bintuk),
  • À l’est : les Arsarios (Malayo ou Wiwa),
  • Au nord : les Kogis,
  • À l’ouest : Les Kankuamos.

Promulguée en 1991, la Constitution colombienne reconnaît la pluralité ethnique et culturelle du pays, ainsi que les autorités indigènes comme étant les gouvernants légitimes des territoires qu’elles occupent. Elles ont également le droit de recevoir une partie du budget national. D'une part, cette constitution a permis de renforcer les communautés autochtones déjà consolidées. D’autre part d’en sauver d’autres, dont les cultures étaient en voie de disparition, comme la communauté des Kankuamos.

QUI SONT LEURS ANCÊTRES ?

sierranevadaLes Tayronas formaient un important groupe amérindien précolombien qui occupait le territoire de l'actuel département de Magdalena en Colombie, dans la Región Caribe. Ils résidaient sur la face nord de la Sierra Nevada de Santa Marta, ainsi que dans la plaine côtière; notamment le long des fleuves Guachaca, Don Diego et Buritaca, et sur l'actuel Parc national naturel de Tayrona.

Aussi nommés Teyuna, Teiruna ou Tairuna, ce groupe ethnique a pour ainsi dire disparu. Toutefois, ces appellations restent présentes dans les langues chibchanes de leurs descendants, survivants de la colonisation espagnole au XVIe et qui vivent encore aujourd'hui dans cette région. En effet, les Tayronas rencontrèrent les Espagnols, peu après que le conquistador Rodrigo Galván de las Bastidas eut débarqué sur cette partie de la côte caraïbe pour y fonder la cité de Santa Marta, le 29 juillet 1525.

En 1550, à la suite de nombreux affrontements et massacres, 80 % de leur population fut décimée. Les survivants furent intégrés par métissage ou se dispersèrent, puis se retirèrent sur les hauteurs de la Sierra Nevada de Santa Marta. 

Autrefois, bien avant l'arrivée des colons, les Tayronas formaient un peuple de chasseur nomade, qui développa par la suite une organisation socio politique structurée. Ils détenaient des connaissances en céramique et en orfèvrerie. Les maîtres orfèvres moulaient des figurines d’esprits, d’êtres humains et d’animaux à l’aide d'une ancienne technique nommée technique de la «cire perdue».

pendentifstayronasExtrait du sable des rivières, l’or était ensuite fondu et versé dans un moule, prenant la forme de la cire. Ces figurines étaient utilisées dans les rituels, placées dans les tombes ou enterrées en «paiements à la terre». Pour les Natifs, l’or reste un métal sacré d’une grande importance rituelle. Flairant rapidement ce filon, les envahisseurs volèrent leurs œuvres, sans respect pour ce métal sacré, leurs propriétaires et leurs descendants, héritiers légitimes de ces pièces inestimables issues de leur passé. 

Ils maîtrisaient l'architecture, dont l'un des seuls vestiges toujours debout de nos jours serait la Cité Perdue. Appelée Teyuna par les autochtones, - et bien moins connu que le Machu Picchu ou Chichén Itzá -, ce site n'est accessible qu'après une randonnée de près de 50km. Fondée autour de l'an 800, - soit 650 ans avant le Machu Picchu -, la Cité Perdue fut retrouvée par des chasseurs de trésor en 1972.

cite-perdueElle demeura très longtemps écartée du monde touristique et maintenue secrète par ces peuples, en raison des tensions sévissant entre l'armée colombienne, les groupes paramilitaires et les FARC. Mais la situation s'étant beaucoup calmée depuis le milieu des années 2000, Teyuna est redevenu accessible et ouverte au public.

Selon les membres des ethnies locales, tels que les Arhuacos, les Kogis ou les Asarios, Teyuna constituait le cœur d'un réseau de villages, jadis habités par leurs ancêtres, les Tayronas. Proche de la Rivière Buritica, la Cité Perdue désignait a priori le centre politique et manufacturier de la région. Elle abritait apparemment entre 2000 et 8000 personnes, avant d'être abandonnée lors de la conquête espagnole. Des figurines d'or, ainsi que des urnes en céramique en furent extraites, puis revendues sur le marché noir par les pillards. Et ce jusqu'au moment où les autorités décidèrent de révéler son existence en 1975 pour y mettre un terme.

QUI SONT-ILS ?

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Le peuple Arhuaco est aussi appelé Arhuacos, Ica, Ijca ou Bintuk, noms d’un groupe ethnique de natifs sud-américains appartenant à la famille des Chibchas. Descendants directs de la culture Tayrona, ils se concentrent dans le nord de la Colombie, à l'intérieur de la Sierra Nevada de Santa Marta.

 

 

 

 

 

 

LEUR TERRITOIRE :

Les Arhuacos habitent dans les hautes vallées des rivières Piedras, San Sebastian, Chichicua, Ariguani et Guatapuri, au sein de la Réserve Indienne des montagnes de la Sierra Nevada de Santa Marta. Avant la colonisation espagnole, leur territoire traditionnel s’étendait bien au-delà des frontières actuelles. Ces dernières excluèrent de nombreux sites sacrés, que cette tribu continue pourtant à visiter pour y apporter leurs offrandes. Ces terres perdues se situent dans les parties plus basses, aux pieds des montagnes maintenant dédiées à l’élevage et à l’agriculture.

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LEUR COMMUNAUTÉ :

Les Arhuacos comprendraient un nombre de 30 000 personnes. Leur structure est complexe. Bien que dispersée, la tribu compte un total de 42 communautés distinctes, mais répartis en 22 sections :

  • La Zone Centrale : Nabusimake (capitale de la Nation Arhuacos), Yechikin et Busin,
  • La Zone de l’Ouest : Serankua, Windiwameina, Singunei,
  • La Zone du Sud : Zigta, Yeurwa, Gumuke, Yeiwin, Seiarukwingumu, Buyuaguenka et Simonorwa,
  • La Zone du Sud-Est : Wirwa, Yugaka, Karwa,La Zone de l’Est : Sogrome, Donachwi, Timaka, Aruamake, Seinimin and Izrwa.

Malgré son éparpillement, la population se réunit dans ces villes pour des réunions et des cérémonies. Néanmoins, Nabusimake reste le centre le plus important. Elle renferme une signification particulière, puisqu’elle est composée de 50 maisons carrées et de temples circulaires, les Kankuras, destinés aux femmes comme aux hommes. 

nabusimakeNabusimake se trouve dans le sud-est de la Sierra. C'est une ville ancienne de missionnaires, dont le nom signifie le «lieu de naissance du soleil». C'est à partir de ce lieu, que les Arhuacos commencèrent le processus de récupération de leur territoire dans les années 1980. Ils renvoyèrent les missionnaires et proclamèrent une délimitation: «La Ligne Noire», (Black Line). Une frontière qu’ils établirent autour des montagnes, et qui fut stipulée dans la Résolution n°000002 de 1973, puis modifiée par la Résolution n°837 de 1995 du Ministère de l'Intérieur.

« Cette Ligne Noire passe par les Sites Sacrés que nous avons toujours célébrés et délimite notre Territoire Ancestral remis par notre Mère comme l'héritage du passé pour le présent et le futur. Pour nous, la Sierra Nevada (la Montagne Enneigée) représente une Ville Spirituelle, notre rôle est de la veiller, d'en être les gardiens ainsi que celui du Monde. La Montagne est ce que nous voyons, sentons et connaissons depuis notre naissance, depuis que nos ancêtres nous ont donné vie et nous en sommes à l’origine. Nos pères et nos mères spirituels nous ont donné pour mission de préserver la Sierra Nevada. Toutefois, aujourd'hui la responsabilité de sa préservation appartient à tout le monde.

photo-satellite-sierraNous avons œuvré pour que le gouvernement et la civilisation [moderne] respectent les traditions millénaires des peuples de la Sierra Nevada et prennent en compte les pensées  des habitants de cette Kankurwa (maison sacrée) qui est un corps vivant et complet dont nous prenons soin. Jamais, nous ne pourrons le céder, si nous voulons qu'il continue à fonctionner pour le bien de toute l'humanité. Si nos traditions disparaissent, nous perdrons la possibilité de veiller sur le monde et de maintenir son équilibre, nous ne pourrons pas éviter que le soleil s’éteigne et nous devrons alors vivre ce que personne ne désire.»

(Extrait du site Arutam)

 

 

 

 

LEUR ÉCONOMIE :

maisons_arhuacosL’activité économique principale des Arhuacos est l’agriculture de subsistance. Celle-ci était pratiquée traditionnellement par chaque famille, au sein de la communauté, sur leur propre parcelle près des maisons. Chaque famille possédait deux maisons ; une dans les terres du haut où le climat est plus froid et une, plus chaude, dans les terres situées en bas des montagnes.

Aujourd’hui, ils n’ont d’autres choix que de poursuivre ce mode de vie uniquement dans les régions du haut, en raison de l’expropriation de leurs terres au cours de la colonisation espagnole. 

tamarillosSur les terres du haut, ils cultivent encore des pommes de terre, des oignons, des choux, des laitues, des myrtilles, des tamarilloes (fruits ressemblant à des tomates), des citrouilles, de l’ail et du blé. Sur les terres du milieu, ils font pousser du maïs, des haricots, des yuccas, des arracachas (des tubercules de la région), des malangas (fruits de la région), des feuilles de coca, du coton, des ananas, des papayes, des goyaves, des fruits de la passion, des grenades douces, des oranges et des citrons.

L’envahisseur espagnol a introduit le café, la canne à sucre, le blé, le bétail. Ils élèvent également des poulets, des moutons, des chèvres et des porcs. Le café est cultivé principalement pour des raisons commerciales, afin d'être échangé avec d’autres produits, qu’ils ne peuvent obtenir dans les terres du haut. 

mochilas1Même si certains utilisent les habits occidentaux, les hommes continuent à fabriquer leurs costumes traditionnels. Les tenues vestimentaires sont tissées en coton blanc et les natifs se déplacent nus pieds. Ils portent un chapeau de forme conique, représentant les pics enneigés de la Sierra. Quant aux femmes, elles confectionnent les célèbres Mochilas, ou Tutu Iku dans leur langue maternelle.

Ces sacs de laine sont fabriqués avec du sisal et certaines pièces nécessitent des mois de travail. Elles y inscrivent leurs pensées qu'elles tissent à longueur de journée tout en marchant. Très à la mode à Bogota, ainsi que dans d'autres villes majeures de Colombie, les Mochilas sont prisés aussi bien par les hommes que les femmes. Dans son ensemble, l'’artisanat Arhuacos leur sert également de troc pour se procurer ce qu’ils leur manquent. 

CROYANCES ET SPIRITUALITÉ :

luneLes Arhuacos font référence à une ethnie profondément spirituelle, héritière comme les Kogis des Anciens Mayas, en l'occurence les derniers peuples précolombiens selon Eric Julien. Ils suivent leur propre philosophie unique, qui tend à globaliser leur environnement. Ils croient en un «Créateur» ou «Grand-Père» nommé Kaku Serankua. Ce dernier aurait engendré les dieux, les premières choses matérielles de la vie, ainsi que d'autres «pères» comme le soleil et les sommets enneigés et d'autres «mères», comme la terre et la lune. Ils considèrent que la Sierra Nevada de Santa Marta se trouve au cœur du monde et que le bien-être de ce dernier en dépend. 

La Nature et la société en tant qu’unité sont régies par une loi singulière, sacrée, immuable, préexistante, primitive et survivant à tout et à tous. Le monde matériel ne peut exister ou cesser d'exister sans elle. Elle est donc censée se poursuivre sans être modifiée. 

Nommée Kunsamü, cette loi de la nature est représentée par un garçon, Mamo Niankua. Elle tend à expliquer les origines de la matière et de son évolution. Ainsi que l'équilibre, la préservation et l'harmonie qui constituent les objectifs fondamentaux et la raison d'être du Mamo; l'autorité spirituelle de la société Arhuaco. 

mamosChaque Mamo ou Mamü est choisi parmi différents candidats. Des garçons de huit à dix ans reçoivent alors une formation pour un minimum de neuf à quinze ans. Après cette période initiale, ils sont libres de déterminer s'ils veulent ou non continuer plus avant. Pour devenir un Mamo, ces jeunes séjournent dans une grotte durant 9 ans, pendant que les Mamos Mayores, ou les Anciens, leur enseignent tout ce qu’ils ont besoin de savoir. Ils se spécialisent ensuite dans certains domaines de connaissances, comme la philosophie, le sacerdoce, la médecine et la communauté pratique ou en tant que conseillers individuels. Leur influence est déterminante dans leur société.

« Notre concept de développement repose sur l'accomplissement de la Loi Originelle, sur la nécessité de retrouver notre vrai Tani, ordonnateur et possesseur de la science, tel que nos premiers pères et mères nous l’ont laissé en guise de constitution. La richesse ne nous intéresse pas. Notre raison d'être consiste à prendre soin de la vie. Quand nous parlons de Notre Territoire, il ne s'agit pas d'un terrain inculte, mais de son caractère sacré et symbolisé par les grands pics, les grands sommets. 

montagnesToutes ces hautes montagnes de la Sierra Nevada sont des Mamos [chamans]. Ce sont les géniteurs de tout ce qui existe. Et c’est à eux que nous adressons nos offrandes, afin qu’ils veillent à préserver la vie. Ces pics sont de grandes villes, de grands temples, plus ou moins hauts de tous les peuples du monde, les mères et pères de tous les continents et de tous les pays. Ici, les gouvernements sont représentés par des sommets. 

Si les gouvernements prenaient conscience de leurs origines, ils ne porteraient pas atteinte à ces véritables reliques qui nous ont désigné comme leur gardien. Ainsi, nos Mamos ont vu la nécessité d’avertir l'humanité entière de leur préoccupation, quant aux répercussions qui résulteraient de la disparition de la Sierra Nevada en tant que cœur du Monde. Depuis la conquête espagnole, voici plus de 500 ans, les Blancs imposent leurs lois et croyances.

Pour nous peuples indigènes, cela a signifié l’extermination, la destruction, l’humiliation, l’esclavage, la profanation et le pillage de nos Sites Sacrés. Nous sommes encore là, dans notre Sierra Nevada et nous souffrons. Cette souffrance perdure et s'intensifie car actuellement Notre Territoire vit sous la menace de ceux qui ne connaissent pas nos traditions spirituelles millénaires.»

(Extrait du site Arutam)

mundoLes sages Arhuacos soutiennent le monde et conservent son équilibre. Ils maîtrisent les éléments naturels et protègent l’univers des catastrophes grâce à un système de «paiements à la terre». Néanmoins, lorsque des désastres naturels se produisent quand même sur Terre, ils s'en sentent responsables et ont le sentiment d'avoir échoué dans leur tâche d'évitement de ces évènements. À cet effet, ils chantent, dansent, célèbrent des cérémonies et des rituels, guérissent les maladies, gardent les objets sacrés, les bâtons, les masques, les pierres. 

Ils se perçoivent comme los Hermanos Mayores, les Frères Aînés et nomment les autres peuples (en l'occurrence les occidentaux) los Hermanos Minores, les Petits Frères. Aujourd'hui, Ils souhaitent diffuser très largement leur message. Conscients qu'un nombre toujours croissant d'individus commencent à défendre des valeurs humaines identiques aux leurs, au détriment des valeurs économiques.

Selon le Mamo Menjabin, leur spiritualité s'appuie sur 4 principes fondamentaux:

  • 1 Vivre en communauté, immergés dans un groupe, afin de servir dans le respect de la Terre Mère,
  • 2 Nul besoin d'amasser des biens matériels, mais se contenter du nécessaire, afin d'utiliser les ressources avec sagesse,
  • 3 Respecter l'ensemble des croyances, tribus, courants de pensées, et par-dessus tout, les aimer,
  • 4 Toujours rechercher la progression de la conscience, la somme des valeurs spirituelles, la guérison de l'âme, la Lumière, l'élévation de l'être, et le fait de rompre toutes les chaînes transgénérationelles, les échecs, les situations difficiles, etc.

Tayrona-logo« Les blancs nous maltraitent et ne sont d’accord avec nous, que lorsqu’ils veulent obtenir de nous quelque chose, comme nos votes pour leurs politiciens qui promettent beaucoup et ne donnent rien. Ils nous ont enseigné des besoins nouveaux qui nous séparent peu à peu de nos traditions et de nos méthodes anciennes, pour produire tout ce dont nous avons besoin. Ils ont apporté leur propre façon de penser dans notre communauté. Mais leurs idées sont mauvaises et rendent certains d’entre nous honteux d’être indiens, ce qui devrait pourtant être notre plus grande fierté. Être indigène, c’est comme être à la racine des choses. »

(Extrait du blog de Coco Magnanville)

 

 

 

 

CONFLIT AVEC LES COLONISATEURS :

En 1916, les Arhuacos demandèrent au gouvernement colombien de leur fournir des éducateurs, afin de leur apprendre à lire, à écrire et aussi leur enseigner les mathématiques. Mais au lieu de cela, le gouvernement leur envoyèrent les Capucins Friars. Les Friars interdirent aux enfants de la tribu d’être éduqués au sujet de leur propre culture. Ils établirent un «régime de terreur», les écartant de leurs familles pour les placer en orphelinat. Enfin, ils iinstaurèrent le travail forcé, ignorant la requête des Arhuacos de les laisser tranquilles.

En 1943, des politiciens venus de Valledupar, des missionnaires et le Ministère de l’Agriculture, exproprièrent sans aucune compensation, les meilleurs terrains de Nabusimake, puis y instaurèrent une ferme d’agriculture possédée par l’État. Les Arhuacos se défendirent et en 1944 ils créèrent la Liga de Indios de la Sierra Nevada (La Ligue des Amérindiens de la Sierra Nevada), mais furent proscrits en 1956 par les militaires du gouvernement.

montalguacilEn 1962, le gouvernement imposa la construction d’une tour de communication pour la Télévision sur le Mont Alguacil, un site considéré sacré par les Arhuacos. Le gouvernement édifia aussi un poste militaire dans le but de les intimider. Plus tard, il leur ordonna la construction d’une autoroute allant de leur territoire à Valledupar. Ignorant les menaces, les Arhuacos rétablirent leur ligue.

En 1972, ils conçurent le Cabildo Gobernador (le Conseil Gouverneur) avec un responsable du même nom, possédant une meilleure structure et une organisation plus adéquate pour défendre leurs valeurs et leur terre.

Le 7 Août 1982, ils se rebellèrent contre les Capucins et reprirent le contrôle des bâtiments de la mission, les contraignant à s'en aller en 1983.

LA CULTURE PROHIBÉE :

poporoLa Coca représente une plante rituelle amjeure, cultivée par de nombreux peuples natifs des Andes comme de l’Amazonie. Ses feuilles contiennent 14 alcaloïdes, dont la cocaïne. Pour extraire l’alcalin actif de la feuille, les autochtones de la Sierra réduisent des coquillages marins en fine poudre de chaux, qu’ils introduisent ensuite dans une gourde fermée par un bâtonnet. Chaque homme porte sa gourde ou «Poporo» et son propre sac de feuilles de coca. Lorsqu'ils se rencontrent, ils en échangent toujours une poignée.

Ils la mâchent jusqu'à former une chique. Puis, ils retirent de leur Poporo le bâtonnet enduit de poudre de coquillage et le roulent précautionneusement dans la chique. Une partie de la poudre se mélange avec les feuilles mâchées et la réaction chimique libèrent les alcaloïdes. Avec le temps, l’orifice du Poporo se couvre d’une fine couche de calcium, durcie par le frottement répété du bâtonnet. Les Arhuacos croient que le fait de consommer la feuille de coca les rend plus vifs et lucides, plus résistants à la fatigue et à la faim. Un symbolisme sexuel se trouve aussi au sein de ce rituel, pratiqué essentiellement par les hommes : l’usage du bâton est considéré mâle et celui du Poporo, femelle.

En 1975, les Colons, - et non les Arhuacos -, ont commencé à cultiver de la Marihuana dans la Sierra Nevada. Une situation dont découla de nombreux problèmes pour leur communauté, tel un recrutement forcé pour les plantations, l’assimilation de la culture des drogues dealers par certains et de la violence. Venus d’autres régions de Colombie, de nombreux paysans pauvres travaillèrent dans les bonanzas de Marihuana de 1980. 

cocaContrairement aux Natifs entretenant des plantations traditionnelles de Coca cultivées dans un but non commercial, les drogues dealers produisirent de la Cocaïne par le biais de processus chimiques. L’argent ainsi généré attira par la suite le Conflit Armé Colombien, ainsi que d'autres conflits parmi les différents partis. Entrant en compétition pour le contrôle de la zone, les guérillas et les paramilitaires accusèrent de manière discriminatoire les Arhuacos et d’autres natifs de collaborer avec le parti rival. Ils les intimidèrent en les assassinant pour les contraindre à partir. Le gouvernement débuta alors des fumigations pour éradiquer les plantations illicites, laissant les Arhuacos au cœur des hostilités.

À l’avant-garde du mouvement natif et après avoir fondé la ligue Amérindienne de la Sierra Nevada en 1974, les Arhuacos créèrent le COIA (Conseil des Organisations Indiennes Arhuacos) et en 1983, la CIT (Confédération Indienne Tayrona). Ils jouèrent également un rôle important dans la création de l’ONIC (Organisation Nationale des Indiens de Colombie), l’une des plus importantes organisations natives du continent.

LES PROJETS GOUVERNEMENTAUX :

confederacion_indigena_tyaronaLe gouvernement de Colombie essaie de développer un système d’irrigation dans la Vallée de César, en érigeant des barrages hydrauliques; en l'occurence la construction de sept barrages et des routes d’écotourisme dans la Sierra Nevada de Santa Marta. Fortement opposés à l’ensemble de ces projets, les Arhuacos décidèrent de mettre en place la Confederatiòn Indigena Tairona (La Confédération Indigène Tayrona). 

Source: Wikipedia.fr et Wikipedia.org

 

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